Régime FODMAP : tout comprendre pour soulager le syndrome de l’intestin irritable.

Le terme colopathie fonctionnelle est un terme ancien : avant, il désignait ce que l’on appelle aujourd’hui le syndrome de l’intestin irritable : le SII. Il s’agit d’une atteinte de la fonction de l’intestin sans lésion apparente ni anomalie apparente de la structure de ses cellules.

En fait, dans le syndrome de l’intestin irritable, lors des examens courants : biopsie, IRM, coloscopie… aucune anomalie n’apparaît, mais le patient a bel et bien des symptômes qui l’incommodent et ont un impact sur sa vie professionnelle et/ou sociale. Ballonnements, diarrhée, constipation, fatigue, nombreuses flatulences, douleurs importantes au niveau du ventre font partie des signes évocateurs.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui, le terme colopathie fonctionnelle peut désigner à la fois cette pathologie avec des critères précis (critères de ROME) qu’est le syndrome de l’intestin irritable, mais aussi un ensemble de symptômes que le médecin ne peut associer à une pathologie précise.

Comme vu ensemble un peu plus haut, le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une pathologie bien réelle et non pas un terme fourre-tout comme j’entends parfois lors de mes consultations. Effectivement, comme pour une gastroentérite ou pour une colique néphrétique, il y a une liste de symptômes et des éléments évocateurs qui permettent au médecin de poser le diagnostic.

Voici les critères de ROME qui permettent de poser le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable :

  • Douleur abdominale présente depuis au moins 6 mois et survenant au moins 1 jour par semaine durant les 3 derniers mois. Associée à au moins 2 de ces symptômes :
  • Relation douleurs et défécation : (soit la douleur augmente lors de la défécation, soit elle disparait)
  • Modification de la fréquence des selles (plus fréquentes : diarrhée ou moins fréquentes : constipation)
  • Modification de la consistance des selles appréciée par l’échelle de Bristol (selles plus ou moins molles, dures, solides ou liquides)

Le syndrome de l’intestin irritable est une pathologie qui semble due à plusieurs facteurs, notamment une modification de la motricité des intestins, une inflammation locale, une augmentation de la perméabilité des intestins, le stress, un déséquilibre de la flore intestinale ou/et encore à une hypersensibilité intestinale.

À ce jour, il y a donc plusieurs pistes à explorer lorsque l’on souhaite diminuer les symptômes de l’intestin irritable.

L’une de ces pistes est le protocole FODMAP dont je vous parle aujourd’hui.

Le terme FODMAP est en fait un acronyme : Fermentable by colonic bacteria Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols. Ce qui signifie en français : les oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et les polyols qui sont fermentés par les bactéries intestinales.

Bon mais encore ? Pour faire simple, il s’agit de sucres présents dans certains aliments et qui ne sont pas digérés ou seulement partiellement dans l’intestin grêle. Lorsque ces sucres arrivent dans le côlon, les bactéries qui y sont naturellement présentes vont s’en nourrir et ainsi les faire fermenter. Ce qui crée des gaz. À cela s’ajoute l’effet osmotique (les FODMAP vont attirer l’eau) au niveau du côlon, qui va gonfler le volume des selles.

Qu’est-ce que cela donne de manière concrète ? Hé bien, les selles sont plus volumineuses, du gaz en quantité importante s’accumule dans le colon et cela peut donner naissance à des sensations de ballonnements et à des douleurs.

Dans le cas du syndrome de l’intestin irritable (SII), à cause des différentes modifications de la fonction intestinale, ces sensations sont accrues : il peut y avoir plus de rétention des gaz, plus de constipations ou de diarrhées, plus de douleurs…

Quels aliments sont riches en FODMAP ? Les principales sources :

Exemple de journée alimentaire faible en FODMAP:

Pour illustrer, voici un exemple de journée qui limite les aliments riches en FODMAP. Attention : il ne s’agit pas d’un modèle à suivre à la lettre, mais d’une illustration pour vous aider à visualiser de quoi il s’agit concrètement.

🌅 Au petit-déjeuner, des flocons d’avoine (1/2 tasse maximum), du lait sans lactose ou une boisson végétale à base de riz, 1 orange, 1 petite poignée de noix,

🥗Au déjeuner, du riz sauvage, des courgettes sautées à l’huile d’olive et au thym, un yaourt au lait de coco,

🍎 En collation, 2 carrés de chocolat noir (85 %) et une tranche de pain sans gluten.

🍽️ Au dîner ,pommes de terre sautées au paprika, poisson en papillote aromatisé aux herbes fraîches (sans ail ni oignon) , 1 portion de camembert et un kiwi.

Ce que vous remarquez dans cette journée : les féculents sont présents (riz, pomme de terre, avoine), les légumes aussi, les protéines également. Une alimentation faible en FODMAP n’est pas une alimentation appauvrie — c’est une alimentation réorganisée, le temps de comprendre ce que votre intestin tolère ou non.

Un protocole FODMAP est une modification de l’alimentation qui est proposée aux patients qui souffrent de syndrome de l’intestin irritable ou parfois de pathologie inflammatoire qui touche le tube digestif et qui ont des symptômes proches du syndrome de l’intestin irritable. Ce protocole doit être encadré par un professionnel de la nutrition diplômé car il s’agit d’un protocole de soin qui nécessite une vigilance particulière afin d’éviter les carences.

Ce protocole nécessite plusieurs phases :

  • Exclusion (la liste des aliments à exclure de l’alimentation est remise au patient, pendant cette phase le patient note ce qu’il mange et ses symptômes)
  • phase de test (un protocole précis de test des aliments riches en FODMAP est mis en place, le patient note toujours ce qu’il mange et ses symptômes)
  • phase de réintroduction (en fonction de la phase de test, le patient sait quels sont les aliments tolérés et en quelle quantité)

Ce qu’on retient : les FODMAP sont donc des sucres contenus dans certains aliments qui ont la particularité d’être peu ou pas digérés dans l’intestin grêle. Leur fermentation dans le côlon entraine l’accumulation de gaz et l’augmentation du volume des selles. Ce qui participe à la bonne santé intestinale, mais qui, pour certaines personnes, dont celles qui souffrent du syndrome de l’intestin irritable, crée des symptômes douloureux ou impacte de façon importante leur quotidien.

Le protocole FODMAP vise à diminuer les symptômes et à déterminer les quantités qui permettent d’allier une bonne santé digestive avec un microbiote sain et une bonne qualité de vie, en diminuant les symptômes. digestifs.

Combien de temps dure le protocole FODMAP ? La phase d’exclusion dure en général 4 à 6 semaines. Vient ensuite la phase de test, qui peut s’étendre sur 6 à 8 semaines supplémentaires selon les aliments testés. Au total, comptez 6 mois d’accompagnement pour identifier précisément vos seuils de tolérance.

Le régime FODMAP est-il compatible avec une alimentation végétarienne ? Oui, tout à fait. Il demande simplement quelques ajustements, car certaines légumineuses riches en protéines végétales sont également riches en FODMAP. Un accompagnement professionnel permet de trouver les alternatives adaptées.

Peut-on suivre le protocole FODMAP sans professionnel de santé ? Techniquement oui, mais ce n’est pas recommandé. Le protocole est contraignant, et suivi seul, il peut conduire à des restrictions inutiles ou à des carences. Un diététicien formé au protocole FODMAP vous aide à l’adapter à votre vie réelle.

Vous l’avez lu jusqu’ici, et ce n’est pas un hasard.

Peut-être que vous reconnaissez vos symptômes dans ces lignes. Peut-être que vous avez déjà essayé de modifier votre alimentation seul·e, avec des résultats en demi-teinte. Ou peut-être que vous attendez simplement qu’on vous dise : par où commencer, concrètement, avec ce qui est dans votre assiette à vous.

Le protocole FODMAP, c’est efficace. Mais mal encadré, il peut aussi créer des carences, renforcer des restrictions inutiles, ou passer à côté de ce qui vous convient vraiment.

Mon rôle, c’est justement de vous accompagner pas à pas : analyser votre alimentation, adapter le protocole à votre vie quotidienne, et vous aider à retrouver un confort digestif durable — sans vous priver de tout.

Si vous souhaitez qu’on en parle, je vous invite à prendre rendez-vous directement en ligne. La première consultation, c’est l’occasion de faire le point ensemble, sans engagement, et de repartir avec des pistes concrètes.

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